La taxe allemande sur les boissons sucrées (Zuckergetränkesteuer) est un projet de prélèvement adopté par le cabinet fédéral le 14 octobre 2026 : 0,26 euro par litre de 5 g à moins de 8 g de sucre pour 100 ml, 0,32 euro par litre à partir de 8 g, avec une entrée en vigueur prévue le 1er juillet 2027. La bière, le vin et le vin mousseux sans alcool figurent parmi les boissons que le projet ne vise pas.
Le texte n'est pas une loi : le cabinet a adopté une aide à la rédaction destinée aux groupes de la majorité, et le Bundestag n'a pas voté. Cette page détaille les deux paliers, les catégories taxées et exemptées, la note de cadrage d'août 2026 qui aurait frappé la bière sans alcool, la comparaison avec la taxe britannique, les objections recueillies et les zones d'ombre. Aucun équivalent belge ou européen n'est cité, faute de texte officiel vérifiable.
Quel montant le projet allemand prévoit-il par litre, et à partir de quand ?
Le projet retient deux paliers en fonction de la teneur en sucre pour 100 ml : 0,26 euro par litre de 5 g à moins de 8 g, 0,32 euro par litre dès 8 g. L'entrée en vigueur est prévue le 1er juillet 2027, pour un produit attendu de 690 millions d'euros en 2027 (année partielle) et d'environ 890 millions d'euros en 2031.
Les seuils s'expriment pour 100 ml et les taux au litre : 5 g pour 100 ml équivalent donc à 50 g par litre, et 8 g pour 100 ml à 80 g par litre. Sur une bouteille de 1,5 litre, la taxe seule atteint environ 0,39 euro dans le palier bas (0,26 multiplié par 1,5) et 0,48 euro dans le palier haut (0,32 multiplié par 1,5), avant marge de distribution et TVA. La première version comptait trois paliers, avec un taux de 0,38 euro dès 10 g ; le compromis de la coalition, rapporté le 9 octobre 2026, a supprimé ce troisième palier et conservé le modèle à deux niveaux recommandé par la commission de réforme de l'assurance maladie. Les producteurs et les grossistes sont redevables, comme pour les autres accises, et les producteurs indépendants jusqu'à 70 000 litres par an sont exemptés.
Quelles boissons seraient taxées, et lesquelles sortent du champ ?
Le projet vise les limonades comme le cola et la limonade à l'orange, les spritzers de fruits sucrés, les thés glacés, les boissons énergisantes, les nectars, les concentrés de jus additionnés de sucre et les sirops sucrés. Les jus purs, le lait et les boissons végétales, les boissons édulcorées seulement, les boissons alcoolisées et leurs équivalents sans alcool sont écartés, bière sans alcool comprise.
| Catégorie de boisson | Traitement dans le projet (seuil de sucre en g pour 100 ml) | Exemples cités par les sources |
|---|---|---|
| Boissons gazeuses sucrées | Taxées dès 5 | Cola, limonade à l'orange, spritzers de fruits sucrés, thé glacé, boissons énergisantes |
| Nectars, concentrés et sirops | Taxés dès 5 | Nectar de fruits, concentrés de jus avec sucre ajouté, sirops sucrés et postmix livrés à la restauration ou aux consommateurs |
| Bière, vin et vin mousseux sans alcool | Non visés, quelle que soit la teneur en sucre | Liqueurs et cocktails sans alcool cités avec eux |
| Boissons édulcorées uniquement | Non visées | Colas sans sucre |
| Jus purs et spritzers non sucrés | Non visés | Jus purs de fruits et de légumes, concentrés de jus purs |
| Lait et boissons végétales | Non visés | Lait, boissons à l'avoine, boissons au riz |
| Boissons alcoolisées | Non visées | Bière, vin et spiritueux, déjà soumis à d'autres accises |
Pourquoi l'exemption vise-t-elle une catégorie de produit plutôt qu'une teneur en sucre ?
L'exemption repose sur une liste de catégories et non sur un test de sucre. Les boissons alcoolisées sortent du champ parce qu'elles relèvent déjà d'une autre accise, et leurs équivalents sans alcool sont cités à côté d'elles. Aucune source consultée ne donne de motif propre au groupe sans alcool, ni de plafond de sucre.
Avec une exemption par catégorie, le seuil de 5 g n'est jamais appliqué à la bière. Les teneurs en sucre de la bière sans alcool varient fortement d'une recette à l'autre, comme le documente la page consacrée au sucre et aux calories de la bière sans alcool : une bière sans alcool très maltée échappe donc à la taxe par son nom, tandis qu'un cola de même teneur y serait soumis. Le projet écarte aussi les boissons édulcorées uniquement, ce qui confirme que le prélèvement cible le sucre ajouté des boissons rafraîchissantes et non les calories en général. Un article du 22 octobre 2026 apporte une nuance : les brasseries fabriquent de plus en plus de limonades, de sorte que les entreprises brassicoles peuvent rester concernées par ces gammes.
Les premières versions du texte taxaient-elles la bière et le vin sans alcool ?
Oui. Une note de cadrage du ministère des Finances, apparue en août 2026, prévoyait d'étendre la taxe à la bière et au vin sans alcool, aux boissons édulcorées, aux jus à base de concentré et aux laits végétaux, avec un seuil de 4,5 g pour 100 ml. Une note de compromis a ensuite exempté bière et vin sans alcool, et le texte du cabinet du 14 octobre conserve cette exemption.
Cette chronologie est le détail absent de la plupart des résumés. Le ministère de l'Agriculture chiffrait à environ 2 milliards d'euros par an le produit de la note de cadrage, contre 650 millions d'euros prévus par l'accord de coalition. Le 26 août 2026, le ministre des Finances Lars Klingbeil a qualifié de « Quatsch » (absurdité) une taxe sur les boissons sans sucre et affirmé qu'elle ne viendrait pas, et le chancelier Friedrich Merz a déclaré pouvoir souscrire à cette position point par point. L'exemption de la bière et du vin sans alcool résulte donc d'un resserrement opéré en deux mois, d'une note qui les incluait à un projet de cabinet qui les range parmi les boissons non visées.
Comment le barème allemand se compare-t-il à la taxe britannique sur les boissons sucrées ?
Les seuils allemands coïncident exactement avec les seuils britanniques : 5 g et 8 g de sucre pour 100 ml. Les taux diffèrent. La Soft Drinks Industry Levy du Royaume-Uni prélève depuis le 1er avril 2025 19,4 pence par litre dans le palier bas et 25,9 pence dans le palier haut, contre 26 et 32 centimes d'euro dans le projet allemand.
| Élément | Allemagne (projet du cabinet) | Royaume-Uni (taxe en vigueur) |
|---|---|---|
| Palier bas (g de sucre pour 100 ml) | De 5 à moins de 8 | De 5 à moins de 8 |
| Palier haut (g de sucre pour 100 ml) | 8 ou plus | 8 ou plus |
| Taux bas par litre | 0,26 euro | 19,4 pence (18 pence du 6 avril 2018 au 31 mars 2025) |
| Taux haut par litre | 0,32 euro | 25,9 pence (24 pence sur la même période) |
| Entrée en vigueur | Prévue le 1er juillet 2027 | 6 avril 2018 |
| Statut juridique au 26 octobre 2026 | Projet, Bundestag n'a pas voté | En vigueur |
| Recettes | 690 millions d'euros attendus en 2027 | 327 millions de livres en 2024-2025 (provisoire) |
Les recettes britanniques ont reculé trois années de suite, de 355 millions de livres en 2022-2023 à 338 millions en 2023-2024, puis 327 millions en 2024-2025. Un article du 1er octobre 2026 relevait que les prévisions de recettes allemandes étaient contestées, des fabricants pouvant réduire le sucre pour échapper à la taxe, comme cela se serait produit au Royaume-Uni.
Où en est le texte, et qui s'y oppose ?
Le texte n'est pas adopté. Le 14 octobre 2026, le cabinet a approuvé une aide à la rédaction pour les groupes de la coalition, qui prévoient d'intégrer la taxe à la loi d'accompagnement budgétaire 2027 ; le Bundestag n'avait pas voté dans l'article le plus récent consulté, daté du 22 octobre 2026. Une exemption élargie jusqu'à 1 million de litres exige encore l'aval de la Commission européenne.
Les objections viennent de plusieurs côtés. Le Conseil national de contrôle des normes (Nationaler Normenkontrollrat) conteste la procédure accélérée et juge plusieurs hypothèses de mise en œuvre insuffisamment traçables. La fédération des brasseurs allemands (Deutscher Brauer-Bund) et d'autres organisations du secteur demandent l'arrêt ou une refonte du projet et jugent trop précoce un démarrage à l'été 2027, en invoquant les coûts informatiques, de facturation et de processus ; une version antérieure chiffrait à environ 2,3 millions d'euros par an les coûts de conformité des entreprises, et à environ 200 postes les besoins supplémentaires des douanes. La CSU préférerait un démarrage au 1er janvier 2028, position rapportée par la presse. Le statut a été vérifié le 26 octobre 2026 et peut évoluer à chaque séance.
Que ne disent pas les sources publiées ?
Les sources décrivent un projet et non une loi, et l'estimation de recettes de la première année a oscillé entre 690 et 945 millions d'euros d'une version à l'autre. Les taux et exemptions retenus ici proviennent de trois articles concordants ; la page de presse du ministère des Finances n'a pas pu être consultée, et le Bundestag peut encore amender le texte.
Trois limites s'appliquent. Les sources ne donnent aucune teneur en sucre pour une bière sans alcool et ne disent pas si la liste des boissons exemptées survivra aux amendements parlementaires. Elles ne définissent la boisson sucrée que par des exemples, sans définition juridique. L'exemption jusqu'à 1 million de litres, si elle est validée, changerait la liste des redevables mais pas les paliers. Aucune mesure belge ou européenne comparable n'est citée, faute de texte officiel vérifiable ; le repère belge du marché figure dans l'analyse des chiffres 2025 des Brasseurs belges.
Quelles questions rapides la taxe allemande soulève-t-elle pour les boissons sans alcool ?
La bière sans alcool sera-t-elle taxée par la taxe allemande sur le sucre ?
Non, dans le projet du cabinet du 14 octobre 2026. La bière, le vin et le vin mousseux sans alcool figurent parmi les boissons non visées, mais le projet n'est pas encore une loi : le Bundestag n'a pas voté.
Combien coûterait la taxe allemande sur les boissons sucrées par litre ?
Le projet prélève 0,26 euro par litre de 5 g à moins de 8 g de sucre pour 100 ml et 0,32 euro par litre dès 8 g, à partir du 1er juillet 2027 dans le calendrier prévu. Une bouteille de 1,5 litre du palier haut porterait environ 0,48 euro de taxe.
La taxe s'applique-t-elle aux boissons sans sucre comme les colas zéro ?
Non. Les boissons édulcorées uniquement ne sont pas taxées dans le projet du cabinet, et le ministre des Finances Lars Klingbeil a déclaré le 26 août 2026 qu'une taxe sur les boissons sans sucre ne verrait pas le jour.
Existe-t-il une taxe comparable au Royaume-Uni ?
Oui. La Soft Drinks Industry Levy s'applique depuis le 6 avril 2018, avec les mêmes paliers de 5 g et 8 g pour 100 ml, à 19,4 et 25,9 pence par litre depuis le 1er avril 2025.
Sources
- Haufe, Bundeskabinett: Einführung einer Zuckergetränkesteuer (15 octobre 2026, reprenant la communication du ministère fédéral des Finances du 14 octobre 2026) : deux paliers de 0,26 et 0,32 euro par litre, catégories non visées dont vin, vin mousseux, bière, liqueurs et cocktails sans alcool, règles des 70 000 litres et du million de litres, démarrage au 1er juillet 2027. Consulté le 26 octobre 2026.
- Deutsche Handwerks Zeitung, Kabinett beschließt Zuckersteuer auf Getränke (14 octobre 2026) : taux, exemptions dont la bière et le vin sans alcool, recettes de 690 millions d'euros en 2027 et 890 millions en 2031, préférence de la CSU pour le 1er janvier 2028. Consulté le 26 octobre 2026.
- Retail News, Bundeskabinett beschließt Zuckersteuer auf Softdrinks ab Juli 2027 (14 octobre 2026) : taux, taxe de 39 et 48 centimes pour une bouteille de 1,5 litre, exemptions, débat encore attendu au Bundestag. Consulté le 26 octobre 2026.
- ZDFheute, Zuckersteuer kommt abgeschwächt: Weniger Steuern, mehr Ausnahmen (14 octobre 2026) : projet à deux paliers, troisième palier abandonné, producteurs jusqu'à 70 000 litres et 1 million de litres. Consulté le 26 octobre 2026.
- Deutsches Ärzteblatt, Bundesregierung erteilt Zuckersteuer auf zuckerfreie Getränke eine Absage (26 août 2026) : note de cadrage incluant bière et vin sans alcool, seuil de 4,5 g, déclarations de Lars Klingbeil et de Friedrich Merz, estimations de recettes d'environ 2 milliards et de 650 millions d'euros. Consulté le 26 octobre 2026.
- Deutsches Ärzteblatt, Kanzleramt stoppt vorerst Klingbeils Zuckersteuer (1er octobre 2026, mis à jour le 5 octobre 2026) : première version, exemption de la bière et du vin sans alcool, estimation de 945 millions d'euros la première année, réserve sur la reformulation. Consulté le 26 octobre 2026.
- Tagesspiegel, Freigrenze für Kleinproduzenten: Koalition einigt sich offenbar im Streit über Zuckersteuer (9 octobre 2026) : compromis à deux paliers, seuil de 70 000 litres, démarrage au 1er juillet 2027. Consulté le 26 octobre 2026.
- MS Aktuell, Zuckersteuer soll kommen: Neue Zweifel am schnellen Start (22 octobre 2026) : voie de la loi d'accompagnement budgétaire 2027, objections du Nationaler Normenkontrollrat et du Deutscher Brauer-Bund, estimations de coûts de conformité. Consulté le 26 octobre 2026.
- GOV.UK, Soft Drinks Industry Levy statistics commentary : paliers de 5 g et 8 g pour 100 ml, taux de 18 et 24 pence par litre dès le 6 avril 2018 puis 19,4 et 25,9 pence dès le 1er avril 2025, recettes de 355, 338 et 327 millions de livres. Consulté le 26 octobre 2026.
- Chiffres calculés : 0,26 multiplié par 1,5 donne 0,39 euro ; 0,32 multiplié par 1,5 donne 0,48 euro ; 5 g pour 100 ml multipliés par 10 donnent 50 g par litre.
La lecture la mieux documentée reste étroite : le projet du cabinet allemand du 14 octobre 2026 taxe les boissons sucrées en deux paliers dès 5 g de sucre pour 100 ml et range la bière, le vin et le vin mousseux sans alcool parmi les boissons non visées, exemption qu'une note d'août ne leur accordait pas. Son maintien dépend d'un vote du Bundestag qui n'avait pas eu lieu le 26 octobre 2026.
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