Myrcène
Le myrcène (beta-myrcène) est un monoterpène acyclique qui constitue souvent la fraction dominante des huiles essentielles du houblon, de la mangue mûre, du thym, du basilic et du cannabis. Ses notes aromatiques sont décrites comme terreuses, résineuses, fruitées et légèrement épicées, avec un seuil de détection olfactif relativement bas. Dans les bières artisanales et les boissons botaniques sans alcool, le myrcène contribue à une base aromatique charnue et fruitée caractéristique des styles IPA et des houblons tropicaux.
Le myrcène représente souvent 20 à 60 % des huiles essentielles totales du houblon frais selon la variété, ce qui en fait quantitativement le terpène le plus important du houblon en termes de volume. Cependant, son seuil de détection olfactif relativement élevé (12-16 ppb dans l'eau) signifie qu'il n'est pas toujours le composé le plus impactant aromatiquement — de nombreux terpènes mineurs en termes de concentration contribuent davantage à la signature perçue.
Une propriété intéressante du myrcène est sa capacité à agir comme porteur ou potentialisateur pour d'autres composés aromatiques : sa présence dans une formulation multi-terpènes peut amplifier la perception des composés minoritaires, expliquant en partie la différence entre un extrait de terpènes synthétiques combinés et un extrait naturel de plante dans lequel le myrcène joue son rôle d'intégrateur aromatique.
Dans les études sur le cannabis, le myrcène est souvent présenté comme contribuant à l'effet « couch-lock » (sédation) de certaines variétés indicas riches en ce terpène. Des doses très élevées de myrcène (> 100 mg dans des expériences animales) montrent des effets sédatifs, mais ces concentrations sont très supérieures à celles présentes dans une portion de bière artisanale ou de boisson botanique. L'effet fonctionnel du myrcène aux doses alimentaires reste largement spéculatif.
Note technique brassicole : le myrcène est particulièrement volatile et se perd facilement lors de l'ébullition du moût et de la fermentation (il est partiellement éliminé avec le CO2 produit par les levures). C'est pourquoi les brasseurs souhaitant un profil riche en myrcène doivent nécessairement recourir au dry hopping ou à la Kaltinfusion — l'ébullition seule ne peut pas préserver ce composé thermolabile et volatile.