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Fermentation Malolactique

La fermentation malolactique (FML) est une conversion biologique dans laquelle des bactéries lactiques (principalement Oenococcus oeni) transforment l'acide malique présent dans le vin en acide lactique plus doux, libérant du CO2 et des produits secondaires aromatiques dont le diacétyle (notes beurrées). La FML réduit l'acidité perçue du vin, assouplit sa texture et lui confère une rondeur caractéristique. Dans les vins désalcoolisés, la FML peut être réalisée avant ou après la désalcoolisation, mais son impact sur le profil final varie selon le choix technologique.

La fermentation malolactique est souvent présentée comme la « seconde fermentation » du vin, bien que son mécanisme soit fondamentalement différent de la fermentation alcoolique : il s'agit d'une décarboxylation enzymatique (malate déshydrogénase) et non d'une glycolyse. Elle est pratiquement universelle dans la vinification des vins rouges, où elle contribue à la stabilité microbiologique et à l'assouplissement tannique, et elle est facultative dans les vins blancs, où elle peut être souhaitée (Chardonnay beurré) ou évitée (Sauvignon vif).

Pour les vins désalcoolisés, la question de la FML est stratégique : si la FML est réalisée avant la désalcoolisation, l'acide malique (mordant et acide) a déjà été converti en acide lactique (plus doux) et le profil acide du vin désalcoolisé sera plus arrondi. Si la FML n'a pas eu lieu avant la désalcoolisation, le vin désalcoolisé peut conserver une acidité malique marquée qui le distingue des vins alcoolisés pour lesquels on a l'habitude. Cette décision est particulièrement importante pour les Chardonnay désalcoolisés.

Le diacétyle produit lors de la FML est à la fois une signature aromatique positive (le beurre fondu du Meursault, la brioche du Champagne) et un défaut potentiel si trop abondant (notes lourdes, huileuses). Dans les vins désalcoolisés, le diacétyle peut paraître plus prononcé car l'alcool qui le « portait » dans le vin original est absent — phénomène analogue à celui observé dans les bières sans alcool. Les vignerons produisant des vins désalcoolisés premium font attention à maîtriser les niveaux de diacétyle de leur FML pour éviter ce déséquilibre.

Note technique : Oenococcus oeni, la bactérie malolactique de référence, a une tolérance remarquable à l'alcool (jusqu'à 14 % vol.) et à l'acidité (pH aussi bas que 3,2), ce qui la rend idéale pour la conduite de la FML dans les vins. Des souches sélectionnées par des institutions comme l'INRAE (France) ou la Justus-Liebig-Universität Giessen (Allemagne) permettent aux vignerons de maîtriser finement la FML pour obtenir les profils souhaités — une expertise transposable aux vins désalcoolisés.